Les associations AMAZONA, ASFA, AEVA en Guadeloupe et la LPO au niveau national sont scandalisées. Cette année, lors de la Commission Départementale de la Chasse et la Faune Sauvage qui s'est tenue en juin, les autorités ont présenté les résultats de l'empoisonnement des oiseaux par le chlordécone, pesticide longtemps utilisé pour lutter contre le charançon dans la culture bananière en Guadeloupe et en Martinique.

Il est apparu que la Grive à pieds jaunes, ainsi que la Tourterelle à queue carrée contenaient des teneurs très élevées de cette molécule. Pour rappel, la Grive à pieds jaunes est une espèce endémique de quatre îles (Montserrat, Dominique, Sainte-Lucie, et Guadeloupe) ; si elle est protégée sur les 3 autres îles, elle demeure chassable en Guadeloupe. Elle a été classée VULNERABLE par l'UICN et figure sur la liste rouge des oiseaux de la Guadeloupe, de par son endémisme et sa rareté.

Compte-tenu des concentrations élevées de chlordécone trouvées chez cette espèce, ainsi que pour la Tourterelle à queue carrée, la Préfecture en a interdit la consommation sur une dizaine de communes allant de Petit-Bourg à Vieux-Habitants, mais elle n'en a pas interdit la chasse.

Ces oiseaux sont donc non seulement fragilisés du fait de ce pesticide qui menace leur reproduction et leur survie mais doivent en plus faire face à la pression des chasseurs.

L'état a pris une position incohérente en n'interdisant pas la chasse de cette espèce sur ces communes-là.

En d'autres termes, les chasseurs tueront juste par plaisir et abandonneront ensuite sur place des oiseaux appartenant à une espèce mondialement MENACEE ? A moins qu'ils ne les consomment malgré l'interdiction ?…