Projet de protection aux Antilles

Au niveau de la Grande Région Caraïbes, un programme de conservation du Dendrocygne des Antilles (" West Indian Whistling-Duck and Wetlands "), espèce endémique à la Caraïbe, est en cours depuis 2001. Un guide d'animation, destiné aux éducateurs, a été conçu par la Société pour la Conservation et l'Etude des Oiseaux de la Caraïbe (SCSCB) et le Centre d'Interprétation du marais d'Oak Hammock (OHMIC). Le docteur Lisa Sorenson, coordinatrice du programme pour la SCSCB précise : " Anthony's discovery of the first nesting of this species in Guadeloupe is very significant and exciting as it represents a range expansion of the species. Antigua has long been considered the furthest point south in the species range, but thanks to conservation efforts there, especially hunter education, the population has been increasing in Antigua, apparently to the point where birds are now dispersing to Guadeloupe. If the species is given similar protection in Guadeloupe, the West Indian Whistling-duck could become established here. Everyone could enjoy seeing it and take pride knowing that they are providing a home to a rare and beautiful duck."
Initialement conçu en anglais par ces spécialistes nord-américains, ce guide a été traduit et édité en espagnol fin 2003 (Los Maravillosos Humedales del Caribe Insular: Le maestro d'EL de Libro de Trabajo Para.). En 2007, il a été traduit en français dans le cadre d'un projet porté par l'Office National des Forêts, en partenariat avec le Centre d'Activité Régional pour les espaces et espèces spécialement protégés de la Caraïbe (CAR-SPAW).

Session de sensibilisation

Le message de protection a ainsi pu être diffusé grâce à des sessions de sensibilisation dans toute la Caraïbe francophone, vers les guadeloupéens, martiniquais et haïtiens en novembre 2007 et vers les guyanais en mars 2008. En Guadeloupe, 30 éducateurs issus de l'éducation nationale, des associations, des organismes publics et des collectivités ont pu être formés à l'utilisation de ce nouvel outil d'éducation à l'environnement.
Samuel LARDEUX, coordinateur du projet, réagit en apprenant la nouvelle : " Le Dendrocygne des Antilles n'avait pas été vu pendant la session de formation mais il suscitait une grande attention des stagiaires. Rappelons qu'à cette époque, pourtant très proche, il n'avait pas été encore été observé en vie par les ornithologues dans l'archipel. Cette découverte à Petite-Terre récompense le travail de longues années de travail à l'échelle de l'ensemble de la Caraïbe. Elle récompense le travail de coopération ou la mutualisation des efforts au-delà des frontières est incontournable pour obtenir des résultats. Grâce aux efforts menés à Antigua, on savait que la population avait fortement augmenté sur cette île la plus au Sud sur laquelle l'espèce vivait jusqu'à maintenant. On sait désormais que le Dendrocygne niche chez nous. Il faut espérer que le message de sensibilisation distillé dans le cadre de la formation locale permette le maintien et le développement de ce canard dans l'archipel. On ne doute pas de notre capacité à protéger cette espèce comme l'ont fait nos voisins caribéens. "

Recommandations

La Guadeloupe peut se targuer de posséder la plus grande surface de mangroves des Petites Antilles. Certes, elle est souvent agressée, mais elle peut à coup sûr accueillir de nombreux Dendrocygnes (" canard siffleur " en créole). La recolonisation de ces milieux humides par ce magnifique canard endémique des Antilles dépend surtout du respect des chasseurs. Son sort repose entre leurs mains, celles des institutions et des associations qui doivent réussir à travailler ensemble afin de donner toutes les chances au Dendrocygne des Antilles de s'installer durablement chez nous. Rappelons d'ailleurs qu'il est classé "Vulnérable" sur la liste rouge de l'UICN, c'est à dire qu'il y a un risque d'extinction de l'espèce si on n'y prête pas attention. Nos pays voisins sont beaucoup plus attentifs à nos actions qu'on ne peut le penser, montrons leurs que protecteurs et chasseurs peuvent réussir ce formidable pari, il en va aussi de la biodiversité que l'on voudra bien laisser à nos enfants !